Tout en ce lieu me survivra
Alexandra Catiere, quatrième artiste invitée d'INSTANTS une résidence de Château Palmer et Leica

Du 3 avril au 20 juin 2026, la Galerie Leica Paris vous invite à découvrir la nouvelle exposition Tout en ce lieu me survivra d’Alexandra Catiere, quatrième artiste invitée d’INSTANTS, une résidence de Château Palmer et Leica.

Dans cette exposition, Alexandra Catiere installe son appareil entre les pierres et les vignes de la propriété pendant plusieurs mois. À partir de là, elle remonte le fil du temps en superposant les strates et les images, comme des couches de peinture, saisissant l’évidence ample et lumineuse d’une nature qui survit aux différentes générations d’hommes et de femmes qui l’ont traversée.

Venez rencontrer l’artiste lors du vernissage le 2 avril 2026 à la Galerie Leica Paris.

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Découvrir les tirages

«Je réfléchis au statut de l’empreinte, de la trace. Quel type de trace laisserons-nous après nous ? Qu’est-ce qui survit aux accidents, aux modes, aux cycles de la vie, aux décennies, aux siècles ? Ces questions sont au coeur de ma démarche.»

Alexandra Catiere

Raisins

Je ne voulais pas photographier la vigne, le raisin, c’était trop littéral, trop évident. Je devais tester autre chose. Concentrer mon regard sur des éléments moins attendus, par exemple le rôle des arbres dans le vignoble, les produits du verger, et jusqu’aux couverts en argent. De la même façon, j’ai été frappée par un graffiti sur l’un des murs du château, à l’étage, témoignage de l’occupation allemande pendant la Seconde Guerre mondiale. Je l’ai utilisé comme une base, un palimpseste, une première couche de peinture que je pouvais recouvrir d’autres images. J’ai reproduit ce procédé avec les cahiers de vendanges tenus par les anciens régisseurs, en superposant aux pages manuscrites des images de ce qui perdure aujourd’hui.

«Cette résidence a été bien plus qu’une carte blanche. Elle m’a permis d’explorer ce qui m’obsède depuis toujours, l’idée que l’histoire n’est pas chronologique mais condensée en nous »

Alexandra Catiere

Fraises sur une tableau

Cela a été le déclic de cette résidence, qui a été bien plus qu’une carte blanche : elle m’a permis d’explorer ce qui m’obsède depuis toujours, cette idée que l’histoire n’est pas chronologique mais condensée en nous. Toutes les strates du passé – mon enfance biélorusse, les traumatismes collectifs, mes rencontres artistiques – cohabitent simultanément dans mon corps, dans ma mémoire, et resurgissent sans prévenir au contact d’un lieu, d’un objet, d’une lumière.

À Château Palmer, tout m’a parlé : le graffiti, les cahiers, l’argenterie, les arbres qui ont vu passer plusieurs générations de vignerons. Ces traces matérielles m’ont rappelé les fresques de Pompéi, qui continuent de nous parler à travers les siècles. En photographiant ce domaine, j’ai compris que je ne cherchais pas à figer l’instant présent, mais à révéler cette épaisseur du temps, cette accumulation invisible qui fait qu’un lieu respire encore longtemps après le passage de ceux qui l’ont habité. C’est de là qu’est né le titre de ce travail : «Tout en ce lieu me survivra». Non pas par mélancolie, mais comme une évidence sereine.

Bouquet de fleurs sur une table

À propos d'Alexandra Catiere

Le parcours sans frontières d’Alexandra Catiere témoigne de son envie de tendre vers l’universel. De l’ancienne Union Soviétique à la France en passant par les États-Unis, cette jeune photographe fait de l’intemporalité l’un des aspects majeurs de sa création. Ressuscitant la tradition humaniste, ses images sont celles des sensations, des atmosphères qu’elle réussit à capter. Sans jamais s’arrêter aux seuls genres du portrait, de la nature morte ou du reportage, Alexandra fait de l’appareil photographique l’instrument de son empathie pour la nature humaine et la vie en particulier. Née à Minsk, en Biélorussie, Alexandra Catiere s’installe à Moscou en 2000 où elle découvre la photographie. En 2003, elle part se former à New York à l’International Center of Photography (ICP), école où se forge son regard. Deux ans plus tard, elle rejoint le studio d’Irving Penn et devient Fine Art Printer, apprentissage déterminant qui aiguise sa maîtrise de la chambre photographique et du tirage argentique.

Arbre

Installée à Paris depuis 2008, elle développe un travail photographique où se croisent tradition humaniste et recherche formelle. En 2011, après une résidence au Centre d’art GwinZegal à Guingamp, elle est lauréate de la première édition de la résidence BMW au musée Nicéphore Niépce de Chalon-sur-Saône et expose aux Rencontres Internationales de la Photographie d’Arles. En 2024, elle reçoit le prix Camera Clara. Ses photographies ont été exposées au Musée d’Art Moderne de Moscou, au Musée d’Art Contemporain de Rome, au Centre National de l’Audiovisuel du Luxembourg, au Photoforum PasquArt de Bienne et à la Bibliothèque Nationale de France. Elle collabore régulièrement avec la presse internationale, notamment The New Yorker, The New York Times, FOAM et Le Monde. Elle vit et travaille à Paris.